Avis COVID

CAPSULE #5 - Les phases de réactions au stress, le syndrome général d’adaptation (ainsi nommé par Hans Selye)

27 mars 2019
IPCAM - Suzanne Lamarre MD psychiatre

  1. L’alarme
    La première heure de la cascade qui engendre le syndrome général d’adaptation est l’interprétation du stimulus par les parties les plus primitives du cerveau, le limbique (les émotions et la mémoire au niveau de l’amygdale et de l’hippocampe) et le reptilien (la formation réticulée et le locus ceruleus) qui donne l’alarme et la réaction immédiate des 4 F (fight, flight, freeze, faint). Le système nerveux sympathique s’active. Il libère la noradrénaline et stimule la production d’adrénaline par les glandes surrénales. Ces deux hormones vont agir
    • sur le cœur pour en élever le débit,
    • sur les vaisseaux pour augmenter la pression artérielle et favoriser l’irrigation des muscles au détriment de la peau et des viscères,
    • sur les bronches pour l’oxygénation,
    • sur le foie pour la production du glucose
    • sur le cerveau pour le mettre en état de vigilance accrue.
       
    • La résistance
      Si le facteur stressant dure, l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HHS) s’active dans cette phase de résistance aussi appelée allostasie. L’hypothalamus produit alors la corticolibérine (CRH) qui agit sur l’hypophyse et lui fait fabriquer plusieurs hormones dont la corticostimuline (ACTH) qui provoque la libération du cortisol entre autres pour augmenter la production du glucose. Le cortisol fait une boucle de rétroaction sur ses stimulants pour en limiter leur production.
       
    • Le stress chronique
      À force d’être sollicités, ces systèmes finissent par se dérégler.  Le cortisol n’inhibe plus sa propre production. L’organisme perd sa réserve énergétique et la fatigue s’installe.  Le cortisol diminue aussi la croissance et la reproduction du sujet subissant le stress. De plus les hormones hypophysaires et le cortisol ont le pouvoir d’inhiber l’immunité. Les infections deviennent plus nombreuses. C’est l’épuisement et diverses maladies infectieuses, métaboliques, cutanées ou encore maladies mentales qui exigent plusieurs mois de récupération.

Que faire au moment de la première phase de l’alarme après observation des émotions et des comportements chez soi et chez les autres dans la première heure ?

  • Interprétation à reformuler   (distorsions cognitives et méditation)
  • Tension musculaire à diminuer (méthode de Jacobson)
  • Choix de ses combats (prière de la sérénité et faire de son mieux)
  • Valeurs éthiques de la compassion et sortir du triangle de Karpman
  • Mots, ton, voix et expressions faciales à surveiller
  • Dégager son self* pour participer aux solutions équitables.

* selon Richard Schwartz:
https://selfleadership.org/about-internal-family-systems.html#The-Self
Le modèle - IFS Association

 

Le Non-Soi dans la Psychologie bouddhiste  

Thich Nhat Hanh:
Selon le bouddhisme, un être humain est composé de cinq agrégats (skandha) :
la forme, les sensations, les perceptions, les formations mentales et la conscience.
Les cinq agrégats contiennent tout — à la fois ce qui est en nous et autour de nous, dans la nature et dans la société. Les cinq agrégats inter-sont.
Voir l'un dans le tout, c'est rompre l'attachement à la vue fausse du soi, à la croyance que le soi est une entité permanente, dotée d'une existence intrinsèque.

Les Cinq Agrégats, Thich Nhat Hanh, Le Coeur des Enseignements du Bouddha, 2000

L'Ego
La Septième Conscience - Thich Nhat Hanh, Pour une Métamorphose de l'Esprit, 2001

Matthieu Ricard:
“Puisqu’il est impossible de trouver un soi dans le corps, nous nous tournons vers la conscience. L’expérience consciente qui change d’instant en instant vient contredire l’idée que nous avons d'un soi permanent. Où se trouve donc le soi? Nulle part.

"Selon le point de vue bouddhiste, postuler l'existence d'un soi qui serait une entité est une distorsion de la réalité qui alimente l'illusion et «déclenche toutes sortes d'états mentaux afflictifs."
L'examen du soi, Cerveau & Méditation, Matthieu Ricard et Wolf Singer, Dialogue entre le Bouddhisme et les Neurosciences

 

Nos dix prochaines activités :

24 Septembre 2020 - 19:00 : Thursday evening meditation
25 Septembre 2020 - 7:30 : Méditations du matin
28 Septembre 2020 - 7:30 : Méditations du matin
28 Septembre 2020 - 19:00 : Méditation du lundi soir
29 Septembre 2020 - 7:30 : Méditations du matin
30 Septembre 2020 - 7:30 : Méditations du matin
30 Septembre 2020 - 14:00 : Groupe de méditation Ste-Mary-IPCAM
30 Septembre 2020 - 19:00 : Méditation du mercredi soir
01 Octobre 2020 - 7:30 : Méditations du matin
01 Octobre 2020 - 19:00 : Thursday evening meditation
Chaque fois que vous avez besoin de ralentir et de revenir à vous-mêmes, il est inutile de vous précipiter chez vous ou à votre centre de méditation pour pratiquer la respiration consciente. Vous pouvez le faire au lieu même où vous vous trouvez, dans votre fauteuil au bureau ou au volant de votre voiture. Si ce lieu est un centre commercial plein de monde ou la file d’attente dans une banque, peu importe: dès l’instant où vous vous sentez épuisé et éprouvez le besoin de vous recentrer, vous pouvez pratiquer la respiration consciente, debout, à cet endroit même. Où que vous soyez, vous pouvez respirer avec attention. Nous avons tous besoin de nous retrouver de temps à autre, pour mieux affronter les difficultés de la vie. Et cela est faisable dans n’importe quelle position –debout, assis, couché, en marchant.
- Thich Nhat Hanh
La Sérénité de l’Instant, Dangles, 1992